Douze jours. Pas un de plus, pas un de moins : c’est la ligne de départ que la loi trace pour tout salarié en France lorsqu’arrive la saison des congés d’été. Pas besoin de tomber dans le mythe des deux semaines consécutives, ni de s’enfermer dans un calendrier rigide, la réalité s’avère bien plus nuancée.
Plan de l'article
- Ce que dit la loi sur la prise des congés d’été : principes et évolutions récentes
- Est-il obligatoire de prendre deux semaines consécutives pendant l’été ?
- Employeurs et salariés : quels droits et quelles obligations dans la fixation des congés ?
- Jours de fractionnement et cas particuliers : comprendre les exceptions à la règle
Ce que dit la loi sur la prise des congés d’été : principes et évolutions récentes
Le Code du travail encadre précisément la question : chaque mois travaillé génère 2,5 jours ouvrables de congés payés, soit un total de 30 jours pour une année complète. Ce compteur démarre le 1er juin de chaque année et s’arrête au 31 mai de l’année suivante. Certes, certains accords collectifs négociés dans les entreprises ou les branches peuvent prévoir davantage de jours ou des modalités spécifiques pour faciliter l’accès aux vacances. La négociation sociale permet parfois de s’éloigner un peu du cadre général sans jamais le remettre en cause.
La loi DDADUE, entrée en vigueur en 2024, a changé la donne sur un point assez concret : désormais, même un salarié en arrêt maladie pour un motif non professionnel accumule deux jours ouvrables de congés par mois, dans la limite de 24 par an. En revanche, pour un arrêt lié à un accident du travail ou une maladie professionnelle, le rythme ne bouge pas (2,5 jours par mois). Ce tour de vis répond à la nécessité de garantir à tous un socle de repos, même en cas de coup dur sur le plan de la santé.
Prenons un instant pour fixer les repères que tout salarié doit garder en tête :
- Période de référence : du 1er juin au 31 mai de l’année suivante
- Période pendant laquelle il est possible de poser les congés : entre le 1er mai et le 31 octobre
- Congé principal : obligation de prendre au minimum 12 jours ouvrables consécutifs durant la période estivale
L’entreprise reste libre d’organiser les dates précises, à condition de respecter ce cadre. Les représentants du personnel doivent parfois être consultés pour définir les règles du jeu. Chaque situation individuelle s’insère dans cette mécanique collective, la discussion faisant le reste. Au bout du compte, la loi dessine un socle commun, mais la réalité se décide souvent à l’échelle du service, de l’équipe, ou même de chaque salarié.
Est-il obligatoire de prendre deux semaines consécutives pendant l’été ?
La fameuse règle des 12 jours ouvrables consécutifs, entre le 1er mai et le 31 octobre, génère bien des confusions. Il ne s’agit pas de deux semaines de calendrier, mais de 12 jours “ouvrables”, c’est-à-dire tous les jours sauf le dimanche et parfois certains jours fériés selon votre convention. Deux semaines de vacances ne signifient pas nécessairement 15 jours consécutifs d’absence.
Nul besoin de réserver strictement deux semaines à la suite. La seule contrainte, c’est ce minimum de 12 jours ouvrables d’un bloc pour le congé principal. Si un salarié demande à poser jusqu’à 24 jours ouvrables en une fois et que l’activité le permet, l’employeur peut accepter. Rien n’interdit non plus de fractionner la période de repos, à condition d’un accord entre les deux parties. Vous pouvez donc choisir de répartir vos congés d’été différemment si cela vous convient mieux ou si vos impératifs personnels l’imposent.
Pour mieux cerner les contours de la règle, retenons ces points :
- La durée minimale à poser d’affilée est de 12 jours ouvrables consécutifs durant l’été
- Au maximum, un salarié peut partir jusqu’à 24 jours ouvrables consécutifs (si accord de l’employeur)
- Les jours restants peuvent être fractionnés sous réserve d’accord entre salarié et employeur
Ce schéma peut être aménagé selon l’accord d’entreprise ou la convention collective applicable, mais le principe reste le même : garantir à chacun un vrai temps de coupure sans imposer de carcan unique.
Employeurs et salariés : quels droits et quelles obligations dans la fixation des congés ?
Prendre ses congés ne relève pas de l’improvisation. L’employeur détient la main pour organiser les départs, souvent selon un ordre défini, après avoir consulté le CSE si l’effectif le justifie. Tous les salariés doivent être informés des règles de pose au moins deux mois avant le début de la période estivale.
Dans ce cadre, l’employeur doit prendre en compte plusieurs critères : l’ancienneté, la situation familiale (notamment les enfants à charge de moins de 18 ans), l’existence éventuelle d’un second emploi. Les conjoints et partenaires de Pacs travaillant dans la même entreprise peuvent demander à partir en même temps. Un autre point concret à connaître : les parents salariés ont priorité pendant les périodes de vacances scolaires.
Voici, concrètement, les grands repères à connaître pour la répartition des départs en congés :
- L’ordre des départs revient à l’employeur, qui consulte le CSE si besoin
- Critères pris en compte : ancienneté, composition familiale, emplois extérieurs
- Information préalable des salariés au moins deux mois avant la période des congés
- Départ ensemble possible pour conjoints ou partenaires de Pacs sur requête
Le salarié doit respecter l’ordre fixé, sauf dérogation prévue par accord collectif ou aménagement ponctuel. Les outils numériques facilitent la gestion et la communication, mais la décision finale d’arbitrage s’exerce toujours côté employeur, avec l’obligation d’équité.
Jours de fractionnement et cas particuliers : comprendre les exceptions à la règle
Dans la réalité, beaucoup préfèrent fractionner leur congé principal. Si cette décision s’applique en dehors de la période estivale, cela ouvre droit à des jours supplémentaires dits de “fractionnement” : deux jours en plus pour au moins six jours pris hors saison, un jour en plus si trois à cinq jours sont posés ainsi. Ce mécanisme, toujours prévu par le Code du travail, peut être adapté collectivement selon l’activité ou les usages propres à une entreprise.
Certains cas méritent plus d’attention. Par exemple, avec la loi DDADUE 2024, un salarié qui a été en arrêt maladie d’origine non professionnelle acquiert deux jours de congés par mois (dans la limite de 24 jours par an). Si la maladie ou l’accident est en lien avec le travail, le mode de calcul reste celui prévu à l’origine, soit 2,5 jours par mois, et ce même en cas d’absence longue.
Les salariés sous contrat saisonnier, la prise de RTT ou la réception d’une indemnité compensatrice lors d’une rupture de contrat sont aussi concernés par ces règles spécifiques. Anticiper, se renseigner et comprendre ses droits permet d’éviter bien des incompréhensions et de lever les freins sur la route des congés.
Finalement, la vie des congés d’été se tisse à la croisée du droit, de la négociation et de la réalité individuelle. Chacun prépare sa respiration estivale au fil de règles parfois complexes mais ajustables, pour faire du temps de pause un véritable choix, et non l’ombre d’une obligation dépassée.


